Témoignages

Récits d'expériences lors d'une Diète en Amazonie

''C'est une sotte présomption d'aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui nous semble pas vraisemblable''. Montaigne

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''Ces quelques récits de sessions d'ayahuasca ci-dessous ne sont que la résultante d'une expérience personnelle donc unique je voulais juste en partager un petit bout avec vous''. Stefano

La guérison vient dans le calme et la compréhension de soi. (1ere partie)

Un soir de pleine lune dans la forêt Amazonienne dans une Maloca ou nous étions nombreux.
Le chaman vient s’installer en face de moi et commence à chanter, je le vois dans mes visions recouvrir plusieurs visages: celui de ses ancêtres et celui de sa mère Maria una grande Maestra qui est aujourd’hui âgée de 96 ans.

Je sens son chant (icaros) rééquilibrer ma vibration intérieure, son visage passe d’apparence humaine à celui d'un jaguar, d'un oiseau, puis d'un serpent, le symbole ultime de la médecine amazonienne. Je le laisse me soigner, je suis rempli de nausées en vision, il m'extirpe de mon mental et m'explique dans son chant "voilà Stefano tu es face à ta création depuis que tu est né".

Je me trouve devant un monument floral, mécanique, quantique. Un sentiment de soulagement me submerge, je comprends enfin d'instinct le pourquoi de mes chaînes de ma prison mentale. Il finit par m’allonger et je suis enfin réellement conscient de moi pour la première fois de ma vie. Des larmes coulent de mes yeux pendant plus d'une demi heure sans tristesse, sans bonheur, je pleure d'être libéré d'avoir saisi la subtilité du mental, du corps et de l'esprit..

Ce voyage , la volonté pour arriver jusqu’a lui pour enfin comprendre qui je suis. Il me dit que cette structure mentale est pure construction que je peux ni en sortir ni y rentrer, le changement pourra venir que de l’intérieur de cette illusion du soi. Quelle soirée !! Muchas béndiciones Maestro

A la croisée des autres mondes (2ème partie)

Mon voisin de Maloca revient a sa place et je me lève pour aller me positionner face au chaman ''Walter''  qui me demande comment je vais. ''Como estas Stefano? Si todo bien .
Il me décroche un léger sourire car nous sommes a plus d'une trentaines de cérémonies et des liens d'amitié se sont crées avec le temps. Il me tend la bouteille et me laisse doser le verre d'ayahuasca car à présent je suis apte à gérer le niveau de l'intensité en rapport avec mon intention de ce soir.

Le verre est a moitié plein du liquide brunâtre, son odeur fait frissonner tout mon corps. Je le prends entre mes mains, ferme les yeux, penche la tête et me concentre sur mon intention ''majestueuse ayahuasca montre moi qui je suis, por favor'' .Portant le verre à ma bouche, j'ingurgite d'un coup sec le breuvage sacré.
Je regagne ma place et m’installe confortablement le dos bien droit en portant mon attention sur ma respiration question de commencer à lâcher prise.

Je suis en tailleur dos appuyé sur la maloca. Mon mental (ou égo) résiste car il sait qu'il va être ''mangé à toutes les sauces''. Je dois me centrer pour conserver une énergie positive, d'amour pour diriger en un même point fixe tous mes sens, ce qui est symbolisé par les mains jointes devant moi.

Mon corps reconnais les premiers symptômes de connexion avec la plante, le cœur s'accélère et j'ai appris au cours des cérémonies précédentes à bien le réguler, le faire vibrer a son minimum car le vrai voyage curatif commence qu'a cette condition de calme intérieur. Je ne sens plus le poids de mon corps, je suis comme un bateau dont on vient de couper le moteur et l'inertie va lui permettre de rentrer au port pour s'y amarrer en douceur. Le but est de réduire au maximum ma respiration pour enfin basculer de l'autre côté du miroir. On peu considérer cet acte comme une petite mort.

Ayahuasca veut dire la liane des esprits, des morts, elle est consommée par les diverses ethnies amazonienne depuis des millers d'années.

La plante envahit mon corps par différents signes: petits picotements, bourdonnements dans les oreilles, je suis prêt ...
Au bout d'une demi heure le chaman commence à chanter et d'un seul coup la plante s’illumine en moi. J'ouvre les yeux et je suis face à la géométrie sacrée, je suis contemplatif, je constate qu'une lumière au dessus de ma tête éclaire ma vision comme une lampe frontale. Je regarde mes mains et là surprise, je vois mes chakras de même tailles de couleurs différentes, j'ai a présent une vision quantique a rayon X, thermique de mon corps. Je réalise que je suis en connexion, je comprends qu'elle me montre qui je suis vraiment au premier degré. (d’où l'importance d'être bien clair avec sois même lorsqu'on lui fait part d'une intention).

Je suis énergie, juste une expérience de l'univers qui par mon intermédiaire se maintient comme le maillon d'une longue chaine à laquelle nous faisons tous partie du microcosme au macrocosme.

Je comprends l'intensité, l'importance de cette vision sans en avoir tous les tenants et les aboutissants. Je perds pieds et je sens la plante m'emmener dans un endroit bien plus sombre. La vision se réduit, la lumière se fait de plus en plus petite, je me sens aspiré suivis de nausées, bruits de fluides corporels: un nettoyage en profondeur a lieu.
L'information qu'elle m'induit passe par mes filtres et je comprends que pour qu'elle circule en moi librement je dois me libérer de ce qui interfère par des vomissements pour laisser libre court à cette information énergétique pure qui se propage en moi. (Le vomissement est souvent accompagné de visions en rapport avec ce que la plante fait sortir de soi). J'appelle le maestro '' ayudas mi Walter ". De sa place il commence à chanter et enfin ma fréquence vibratoire intérieure se redresse et la lumière m’envahit de nouveau.
Muchas bénédiciones Walter.

Quand la réalité dépasse la fiction. (3eme partie)

C'est l'heure il est 19h30, je ferme la porte de la casa et me dirige presque religieusement jusqu'à la maloca. Je suis enfin équipé pour parer à presque toutes les éventualités, du moins je le crois sur le moment.

Kit de survie de l'ayahuascero en maloca:
-Mapatcho ( tabac amazonien puissant répulsif à énergie négative)
-Agua de florida (parfum florale éloigne les mauvais esprits de part son odeur)
-Bouteille d'eau, bougies,briquet
-lampe à dynamo et une bonne dose de motivation.

Trois chamans sont présents: deux maestros shipibos-conibos et une maestra de Pucalpa.
Les cérémonieux sont arrivés des quatre coins de la planète ( canadien, suisse, argentin, russe, colombien, américain etc ..).
Ce soir la soirée promets d'être mouvementée car un guérisseur brésilien est présent pour se libérer du mal absorbé lors de soins pratiqués dans son pays d'origine.
Je suis entouré de personnes qui pratiquent la médecine amazonienne depuis longtemps et je sens déjà une forte énergie ambiante dans la maloca. Je suis allongé fumant un mapatcho pendant que chacun se prépare.
C'est partit le chaman relève la tête après avoir fini son rituel, la distribution de ''potion magique'' commence.

Mon intention de ce soir est claire et sans équivoque, '' Majestueuse ayahuasca libère moi de mes démons, je veux être libre de corps et d'esprit''

Le breuvage sacré est à présent en moi et je sens la plante se propager dans toutes les cellules de mon corps, plus intensément que d'habitude.
Les chamans commencent par des sifflements silencieux, tss tss tss.
Aucune géométrie sacrée, ou autre vision se présente à moi, pourtant je suis déjà nauséeux, je sens des picotements et un poids qui s’alourdit au creux de mon estomac. Ce soir je comprends que les visions cosmiques et autres agréables sensations ne sont pas d'actualité.

Au fond de ma gorge je sens une gêne sans savoir ce que c'est, je bois de l'eau une fois, deux fois mais rien à faire, le silence de la maloca est flippant ce soir.
Une envie pressante se fais sentir et je dois rejoindre les toilettes à l'extérieur situé à une centaine de mètres. Je me lève brusquement car je dois accélérer le pas pour arriver propre sur le trône. Chemin faisant je me rends compte qu'il y a quelque chose qui cloche, mes pensées sont très sombres et je sent qu'elles sont impulsées par mon estomac ???!

Ceci fait, je rejoins la maloca tout en levant les yeux au ciel, je suis époustouflé par la beauté du ciel étoilé amazonien, une émotion intense m'envahit jusqu'au larmes comme si c’était le calme avant la tempête.

J'ouvre la porte de la maloca et à peine rentré je suis surpris par de violents mouvements de l'estomac, je suis à peine centré intérieurement car perturbé par ces sensations inconnues.
Assis sur mon matelas les chamans commencent à chanter et là je sens en moi un hôte. Les yeux fermés je peu enfin percevoir mon ''susto'' ( énergie négatives, nœuds émotionnels, traumas accumulées tout au long de sa vie et qui avec le temps forme une boule dotée d'une carapace endurcie par nos peurs, notre ego. Quand le chaman vient vous chanter c'est pour la fissurer avec la fréquence vibratoire de son icaro pour enfin l'expulser, cela peut prendre des mois de diète).

Je suis comme pétrifié par ce que je ressens et de ce que je vois lorsque que ces deux mondes s’entre croisent.Je suis en plein film d'horreur, une bestiole ''spectrale, insectoïde à tendance poulpe tentaculaire de l'espace'' gigote en moi faisant remonter dans ma bouche un liquide pouvant s’apparenter à du pus avec un goût de sang.Je crache dans le seau cette sécrétion infâme, prends un mapatcho entre mes mains, l'icarise (protège moi du mal por favor) et l’allume aussitôt (icariser au pérou, c'est siffler ou chanter pour émettre une forte intention). J’aspire la fumée et la souffle fort sur mon corps, plutôt du côté de mon estomac. Ma gorge se serre pendant que je m'asperge d'agua de florida car là il va falloir que je m'accroche plus que d'habitude.

J'accepte et maintien la teneur de mon intention de ce soir.

 

Je dois m'allonger car la peur m'a envahit, les yeux fermés j'entends en moi comme des coups de scalpels avec une vision de boyaux s'entrouvrant et laissant s’échapper une matière indescriptible.
Je peux même pas appeler le chaman car je suis submergé par le remue ménage intérieur, mon hôte apprécie pas la soirée qui se profile.

Plus le chants des trois maestros s’intensifient plus je le sent vibrer en moi .
Le chaman est plus trop loin et ça va être mon tour de recevoir son chant. Les yeux ouverts je vois plus rien et quand je les fermes je vois mon hôte, je transpire a grosse gouttes. En tailleur, main jointes devant moi je dois a tout pris retrouver mon calme et accepter sans broncher la situation. A peine j'ai pensé cela qu'une chose viens de remonter jusqu'à ma gorge en faisant des va et viens de droite a gauche mélangé à cette sécrétion.

Je prends le seau et ouvre au plus grand ma bouche pour évacuer et rien ne sort, horsmis par intermittence rapide une espèce de petite tentacule. Je ne sais plus quoi faire, une voix me dit ''Amigo vienes enfrente de mí '. Walter le chaman prends ma main pour m'aider à m asseoir avec mon seau et comprends que je suis en détresse totale. Il commence par un sifflement silencieux, le poulpe tentaculaire s’arrête net de s'agiter. Il chante fort d'un coup et ma tête plonge dans le seau pour y vomir, pas une mais plusieurs bestioles s'agitent dans la mélasse du réceptacle pour ensuite s’évaporer d'elles mêmes.

Le maestro prends mes mains et y souffle du mapatcho, je me sens un peu mieux et je sais à présent que je suis là pour m'occuper de ce locataire récalcitrant qui a du mal a comprendre que le bail ne va pas être renouvelé, du moins dans ses conditions a lui, car il est juste une partie de moi et je me dois de respecter avec amour cette création inconsciente qui est mienne afin de l’apprivoiser et non de le combattre.

C'est le premier face à face avec moi-même et les parasites évacués sont que des éclaireurs. Je suis à deux mois de diète, j'ai perdu 15 kilos, je mange par jour un poisson végétarien de l'amazone et deux bananes, consciemment j'affaiblis mon corps pour renforcer mon esprit et le nettoyage en profondeur fait que commencer, d'où l'importance vous l'aurez compris qu'un curandero soit présent pour chaque prise d'Ayahuasca.

Chaman shipibo-conibo à un chaman Aguaruna descendant du peuple Jivaro. (4éme partie)

Voila quatre mois que je suis en diète à prendre la plante cinq fois par semaine.
Un ami de longue date vient d'arriver dans la région nord amazonienne du Pérou. Il fréquente un centre depuis plusieurs années car avec le chaman Don Luis ils en sont les piliers fondateurs.

Le centre Selva madre est situé du côté de Padre Cocha, un village à une demi heure de bateau d'Iquitos sur le rio Nanay.
Je suis invité durant une quinzaines de jours à partager la médecine ancestrale avec mon ami Fabricio et les participants, ce qui fait une dizaine de personnes présentes pour cette session.

Je suis présenté à Don Luis Rimachi et à sa famille, je comprends que l’énergie du centre est familiale, chaleureuse.
Il m'informe que je suis considéré ici comme un membre de la famille, ce qui me touche vraiment car je sens la teneur de sa sincérité.
Le centre est situé à quelque kilomètres du village en pleine selva et tout est agencé garantissant une expérience avec la plante de première qualité. J'ai déjà hâte du prochain séminaire de 10 jours prévu quelques jours plus tard et auquel nous allons participer.

Après avoir passé 3 jours a visiter les lieux, le village, pêcher au gros sur le fleuve amazone le jour J  arrive.
Nous passons l’après midi à buller sur nos hamacs profitant du calme et de l’énergie du lieu.

La nuit commence à tomber et nous nous préparons à regagner la maloca bien avant le début de la cérémonie afin de bien se recentrer pour se promettre la meilleure expérience.
Don Luis le chaman arrive et vient nous saluer, il officie avec ses deux élèves Anderson et Luis Jr son fils.Trois bougies se consument au milieu de la maloca ce qui rajoute une ambiance mystique, presque solennelle.

Luis commence à servir le breuvage, Anderson se déplace et vient le proposer à chacun des participants. Mon tour arrive, je saisis le verre et y pause mon intention '' majestueuse ayahuasca montre moi le chemin, Lelahel (mon ange gardien) frère aîné soit à mes côtés ce soir car j'ai besoin de ton aide''

Je bois l'Ayahuasca d'une traite et me rends vite compte que le verre est rempli deux fois plus que mes voisins. Je souris car là sont les joies d’être invité. Mon ami à mes côtés constate la même chose, le voyage va être intense ce soir.
Environ une demi-heure plus tard le bruit transcendant d'une chacapa se fait entendre, suivi de sifflements. La vision se dégage en un halo de couleurs violettes. Le chant mélodieux de Luis me mets dans une joie intense, pleine de bonne intention et d'amour.

Je suis en tailleur depuis un bon moment et j'allonge mon buste sur mes genoux question de détendre mon dos, j'entends parler Fabricio à côté de moi qui me dis relèves toi, relèves toi, je me tourne et le regarde il a les yeux fermés, la bouche aussi et pourtant je l'entends me parler. Je me redresse et il ouvre les yeux et là j'entends ''ouaah ouaaaah ce délire !'' (il me confirme plus tard qu'il pense ses paroles sans me les prononcer).

Un cérémonieux vient de rentrer dans la maloca, il est suivit d'un halo de lumière blanche énergétique en croissant de lune laissant apparaître la stature voutée d'un être éternellement grand et barbu (environ trois mètres, un Gandalf du seigneur des anneaux). Il est dans la maloca et regarde de droite à gauche, sa tête se tourne en ma direction et il s'approche aussitôt. Il est juste en face de moi un genou avancé, les mains jointes il incline légèrement la tête en avant comme pour me saluer. Mon pote de maloca en croit pas ses yeux, il a quand même un mapatcho allumé au cas où il faudrait interrompre cette rencontre du ''troisième ou quatrième type'' je ne sais plus. Le personnage nuageux cotonneux d’énergie se relève et marche en direction du fond de la maloca pour en disparaître.

Je me sens bien, privilégié, reconnaissant, humble comprenant que cette visite à un lien avec mon intention du soir car cette entité été tout simplement mon ange gardien ''Lelahel''qui est venu me rendre une visite de courtoisie en personne. Quel honneur, quelle surprise, quelle aventure ce long séjour en Amazonie dans le milieu chamanique.

Don Luis continue à chanter accompagné de son fils Luis et Anderson, je dois me lever pour rejoindre l'extérieur. Je sens en me levant comme une main dans le dos, le chant du curandero s'intensifie et je dois absolument sortir de la maloca car une envie de vomir express me saisit.
A peine j’ai ouvert la porte qu 'un 380 degrés de fluide gastrique jaillit de ma bouche en laissant apparaître des milliers de points orangers lumineux (??), après trois figures de ''géométrie gastrique'' cela ce calme enfin, je me sens soulagé d'un poids qui était toujours présent en moi comme une énergie collante ancienne, qui date de vies précédentes.

Il faut savoir qu'il est possible de travailler avec la plante sur des restes d’énergies karmiques, nœuds émotionnels ou traumas de vies passées, de pouvoir comprendre le pourquoi de certaines addictions, sentir de tout son être les conséquences de ses actes passés sans être jugé.J'ai même vu des artistes venir diéter une plante plusieurs mois pour juste affiner leur coup de pinceau, des danseurs en quête de l’énergie de grâce pour la révéler en eux.

La cérémonie prends fin, les participants regagnent leur casa et un petit débriefing a lieu avec les chamans. Je leur raconte ma soirée et le chaman en conclue que je suis le bienvenu dans cette réalité comme dans celle de l'au-delà .
Je suis touché par ce qu'il me dit, honoré, reconnaissant, époustouflé par la puissance de l'ayahuasca. Nous sommes entrain de discuter et je peux voir l’énergie rayonnante de mes interlocuteurs et vis versa, de mes yeux je perçois leur aura.

Sur le moment je comprends ce phénomène sans le savoir vraiment, par là j'entends que je perçois cette information qui se trouve à l’extérieur de moi à ce moment là, les effets de la plante me permettent de définir d’où cette connaissance universelle provient. Suis-je clair ??!

(l'ayahuasca augmente considérablement le taux de sérotonine de votre cerveau à l'inverse de tous les autres produits répertoriés comme drogues. Au Pérou l'Ayahuasca fait partie du patrimoine national sous couvert du respect des précautions d'usage. En France sa consommation est interdite).

Nous cheminons en direction de notre casa commune et je m’arrête plusieurs fois pour continuer à me purger des énergies qui n'ont plus lieu d'être.
Une fois dans notre hamac, Fabricio mets un peu de musique a tendance Pink floyd et le voyage reprend, les visions s'intensifient, la plante me montre tout ce que j'ai besoin de voir, de savoir, de percevoir sur le moment.

Mon ami me rappelle que je peux continuer à profiter de cette connexion qui perdure dans la nuit pour obtenir des réponses a des questions que je me suis toujours posées. Allez je tente le coup. En tailleur sur mon hamac qui se balance je lui pause une forte intention:''majestueuse ayahuasca montre moi de quoi est fait notre univers". Dans ma tête c'est la fête des neurones et je me sens assez téméraire pour la suivre où elle voudra bien m’emmener.

Me voila aspiré, je me retrouve dans l'espace suivant une planète qui tombe je ne sais où, une accélération fulgurante m'éloigne gigantesquement de cette planète pour me permettre de contempler la voie lactée en forme de spirale. La plante m'induit qu'il y a bien une fin comme il y a un début, je ne pense même plus et reste scotché devant le spectacle qui est bien réel, juste dans une dimension différente.

Tellement bien connecté avec l'esprit de la plante que je peux même en parler a mon ami sans que cela s'évapore par l'action du mental.
Nous allumons un mapatcho pour en tirer de bonnes bouffées, la lune éclaire à l'extérieur les immenses bananiers qui sous un certain angle de vue nous donne l'impression d'être sur une autre planète, vous laissant croire qu'a tout moment n'importe quelle créature peut en sortir.

Je suis reconnaissant de ce que l'univers m'offre au quotidien, que ce soit lors de cérémonies ou du temps passé à partager des repas avec les locaux, chez eux, à la pêche, au marché ou bien en terrasse d'une maison de famille devant laquelle vous pouvez vous asseoir pour en partager le repas, tout en buvant de la chicha (boisson à base de mais typiquement péruvienne sans alcool).
La nuit se termine dans un calme intérieur profond, en accords avec le tout, en pleine conscience.

Le lendemain matin Don Luis discute avec mon ami et lui demande de voir avec moi si je serais partant pour travailler avec lui car il sait qu'auparavant j'ai travaillé pour un centre ou j'ai managé une équipe de travailleurs péruviens où nous étions en charge de laménagement et de la sécurité. En l’apprenant je suis ravis de constater que les chamans, les curanderos Amazoniens apprécient ma compagnie énergétique.
Aurais-je enfin trouvé ma place sur cette planète?!! (a suivre)

Connexion à la source par un lien sacré: celui de l'amitié et une histoire d’œufs. (5 ème partie)

 

Dans la soirée une personne est arrivée au centre, un Franco-Péruvien qui vient y travailler en tant que chauffeur et traducteur de part sa double nationalité.

Au petit matin je sors de ma casa pour aller déjeuner, c'est un des jours de la semaine sans cérémonie. Cela reste appréciable de respecter un temps de pause pour assimiler la résonance des informations. ( rééquilibrage énergétique).

Je croise Bruno et au premier regard ont se décroche un sourire qui semble de circonstance. Les présentations sont faites et nous partageons le petit déjeuner, il y a comme une impression de se connaître depuis longtemps.

Je vois qu'il connaît déjà le chaman, sa famille et le gérant du centre. C'est génial, nous sommes complémentaires de part nos origines. Il a un bon parlé français qu'il doit encore travailler et moi un espagnol rudimentaire.
Demain soir il fera sont entrée en maloca et me demande si il pourra être mon voisin, j'accepte avec plaisir.

La journée se passe dans le partage et l'amitié, nous faisons connaissance dans la joie d'être tous simplement là, présents en pleine conscience.
J'ai quelques indices qui me font penser que Bruno est un futur curandero car il a cette énergie en lui. Il a déjà diète plusieurs plantes dans sa vie et connais depuis tout jeune l'ayahuasca et le milieu chamanique de part l'intermédiaire de son père.

19h30 à peine installé, Bruno commence à faire brûler du palo santo, il est pleinement dans son élément.
Nous partageons un mapatcho avec Walter le chaman, nous sommes installés juste a sa droite donc les derniers à boire le breuvage.

Le tour commence, chacun pause son intention, d'autre boivent sans rien calculer et je constate que le stress se lit sur certain visages car rappelons le, c'est loin d'être une partie de plaisir de s'explorer sois-même.
Quinze minutes que nous avons absorbé la potion, Bruno se mets à vomir tout en souriant, il a l'air heureux même en se purgeant. Une fois finit il se mets a siffler puis a chanter en shipibo, je suis agréablement surpris même impressionné, dirais-je.

Cette cérémonie se déroule tranquillement laissant échapper par moment des bruits de gémissements, vomissements se mélangeants aux chants transcendants des curanderos.

Pour ma part cette cérémonie reste agréable, que de bonnes sensations, je me suis bien fais bichonner par la plante.Visions géométrique accompagnées de milliers de petits serpents tournants, gravitants autour d'un même axe.
Je sens la médecine réparer peu à peu mes failles énergétiques (nœuds émotionnels, traumas du passé etc..)

Je quitte la maloca et retrouve mon ami en cuisine qui déguste en catimini quelques bananes. Je ne peux pas m’empêcher de lui demander qui il est vraiment. Il m’esquisse un sourire et nous regagnons nos hamacs, on discute une petite heure et tout en me souhaitant une bonne nuit il m'informe que demain ont va essayer un rituel avec des œufs, une sorte de nettoyage énergétique.

La nuit amazonienne se passe dans une ambiance très mystique, parfois on peut y voir des choses très inhabituelles surtout sous l'emprise de l’ayahuasca.
Même les gardiens shipibos du centre effectuent toujours leur ronde avec du mapatcho car pour eux ont ne sait jamais qu'est ce qu'on peut croiser comme énergie dans la selva. Les locaux ne tarissent pas de légendes qui ont toujours lieux d'être.

Le lendemain il est 16 heures, l'heure de prendre la plante que je diète et on se rejoint tous à la ''casa de médecina'' où sont pris les bains de plantes, massage shipibo, et tout autre rituel d'avant cérémonie.

J'invite Bruno à partager un mapatcho, il me suit en faisant un détour par la cuisine et il vient avec quatre œufs et un grand verre. Tout en fumant il m'explique le coté pratique de cette technique de nettoyage des énergies à l'aide des œufs. Je reste ouvert et demande qu'a voir .

Au bout d'une heure de discussion entre coupés de silence nécessaires il me demande si je suis toujours d'accord pour tenter l'expérience. Je suis prêt pour ce rituel de magie ancestrale.

Debout sans bouger, je le sens monter les bras au cie en tenant deux œufs dans chaque mains. Il prie à voix basse très rapidement plusieurs fois (de la même manière que nos guérisseurs européens quand ils vous charment) et commence à passer les œufs en me frottant le corps avec: dos, tête, torse, jambes, puis d'un seul coup il arrête et casse un œuf sur le verre remplit d'eau et celui-ci se retrouve mélangé à l'eau tout en formant des figures troublantes que Bruno s'empresse de déchiffrer et ainsi de suite pour les autres œufs.
En gros je comprends qu'il m'a nettoyé de certaines énergies et que cela risque d'être très fort ce soir lors de la cérémonie. Quoi qu'il en soit je me sens vraiment plus léger.

19 heures nous sommes en maloca, purifiant le lieu avec du palo santo, on allume les bougies des toilettes qui sont le seul éclairage très apprécié lors des fréquents aller retour.

Tout est prêt et je décide de faire un petit somme question de modifier mon état de conscience avant que la cérémonie ne commence.
Quelques quarts d'heure plus tard Bruno me prends le bras et j'entre ouvre un œil, tout le monde est présent, et c'est déjà notre tour d'aller remplir notre verre d'ayahuasca fraîche, préparée et raffiné du jour même.

Je suis serein, détaché de mon mental, ce soir aucune intention j'ai bu mon verre en remerciant l'esprit des plantes et à l'univers de prendre soin de moi.

Les chants de Walter commencent à envahir toute la maloca, la plante circule en moi je sens une force, une intensité bien différente de toutes les autres fois. Le dos bien droit en tailleur, mains jointes je me centre avec une facilité déconcertante.Une demi heure se passe et déjà plusieurs compagnons ont commencés à faire de ''la géométrie gastrique'' dans le fond de leur seau.

Bruno, de son côté a déjà la tête dans le seau et fait le nécessaire pour terminer d'évacuer ce qui doit sortir pour ensuite vivre la connexion. Je me sens compatissant et je me surprends même de demander à la plante de l'aider à vomir un peu de son mal question de le soulager, car il est possible d'aider quelqu'un à vomir une partie de son mal sous ayahuasca.

Une fois purgé, il repose son seau et commence progressivement à chanter avec le chaman. Je suis entre les deux et la vibration de leurs chants en stéréo me mets en transe, un bourdonnement de moteur d'avion se fait entendre dans ma tête, la plante m'induit de la suivre, mon cœur bat la chamade.

Mon ami vient s'asseoir devant moi et commence à chanter en shipibo puis en français, incorporant mon prénom au chant et là ça change tout, j'ouvre les yeux et distingue mon ami face à moi, les deux bras écartés effectuant des mouvements de haut en bas. J'ai l'impression d'avoir Shiva devant moi, il cesse de chanter et me parle, sa voix est comme changée: un timbre de voix et une vibration saisissante. Là je comprends que j'ai à faire a un être particulièrement éveillé.

Je lui tends mes mains et là changement de décor, son énergie rentre en moi et je me retrouve dans une énorme salle quantique ornée de milliers de pierre minérales de chaque côtés de moi. J’aperçois le chaman dans une sorte de trône énergétique. Figé comme un bouddha, une énergie descends sur nous avec une forte intensité et à la fois une douceur indescriptible.

Bruno regagne sa place et je comprends que là ça va être fort. Je le vois lui aussi sur un trône et Maria une maestra de 95 ans elle aussi siège dans cette sorte de ''check-point énergétique''.

L’énergie arrive du haut et descends sur nous d'un halo en forme d’œuf très lumineux, je la sens rentrer en moi, mon corps l’emmagasine, je sens mes yeux se révulser, je ne bouge plus et encaisse ce qui se passe dans le haut de ma tête tout en s’agglutinant dans le creux de mon estomac.

Une boule énergétique se forme et je sais que je vais devoir l'expulser car je sens que j’atteins une limite. D'un seul coup une partie de la boule énergétique implose. En se propulsant sur mon côté droit elle passe par Bruno puis par Maria qui l'amplifie à son tour et commence a atteindre les autres participants. Je peux voir sa progression épouser la forme arrondie de la maloca.
En même temps qu'elle atteint un compagnon de maloca, celui ci se met à vomir bruyamment, presque instantanément et ainsi de suite sur une dizaines de personnes.

L’énergie curative fait le tour de la maloca et je me prépare avec mon seau car elle revient sur moi et surprise !! elle rentre de la où elle est sortie, aucun vomissement ou autres symptômes de purge se font sentir. Des demandes d'aide se font entendre, le chaman doit porter assistance car là il vient d'y avoir un nettoyage collectif.

Je me tourne et regarde mon ami, je lui suis reconnaissant car il m'a fais sentir et voir la source, une énergie d'amour fraternelle comme jamais j'ai pu la sentir dans ma vie auparavant. C'est la première cérémonie ou j'ai senti l’énergie, la vraie, celle dont on ne doute à aucun instant.

Par la suite j'apprends que la plupart des participants ont eu la même vision, celle d'un œuf géant rempli d’énergie. Pour ma part je trouve cette coïncidence étrange mais belle et bien vécue par chacun d'entre nous.

Cette énergie de guérison est accessible à tous à partir du moment où on a la foi car c'est l’étincelle nécessaire à cette connexion.

Durant mon séjour j'ai côtoyé une dizaine de chamans et ils ou elles ont tous un point en commun, l'intelligence du cœur guidé par une foi a toute épreuve.

Merci à toi Bruno pour ton partage hermanito, del luz .Hasta pronto.

Information / Résevation 

camino.del.alma.perou@gmail.com

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